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Tag: agriculture

La révolution d’un seul brin de paille

La révolution d’un seul brin de paille

« La révolution d’un seul brin de paille : une introduction à l’agriculture sauvage » de Masanobu Fukuoka, est un texte souvent cité comme une référence pour le développement de l’agroécologie dans le monde. Mr. Fuokuoka, microbiologiste de formation, puis agriculteur à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, présente dans ce livre publié en 1975, une voie vers l’agriculture sauvage basée sur le « non-agir ». Qu’en retenir ? Je vous propose ci-dessous un résumé, suivant de citations et d’une conclusion personnelle.

L’agriculture sauvage et le « non-agir »

  • Quatre principes de l’agriculture sauvage :
    • Ne pas cultiver (ne pas creuser ou labourer)
    • Pas de fertilisant chimique ou de compost préparé (préférer de la paille et du fumier animal qui se décomposent)
    • Ne pas désherber au cultivateur ni aux herbicides
    • Pas de dépendance envers les produits chimiques
  • Le « non-agir » n’est pas de ne rien faire, mais d’utiliser intelligemment la nature pour avoir le moins à faire. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a rien à faire, il y a beaucoup de travail pendant la moisson par exemple

Un cercle vertueux

  • Cultiver des graines ne veut pas forcément dire planter les graines ni avoir les graines en ordre. Il faut faire pousser les légumes comme des plantes sauvages. L’important est d’avoir un mulch afin d’éviter les prédateurs et combattre les mauvaises herbes
  • De multiples cultures avec un mulch de paille permettent de combattre efficacement les nuisibles. Les prédateurs combattent également les nuisibles et il faut savoir les identifier et cohabiter avec eux
  • Pour éviter que les graines ne soient mangées ou pourrissent, il est conseillé de les insérer dans des boules d’argile. Il est important de planter les graines en fonction du développement des mauvaises herbes
  • Le mix animaux, récoltes et être humain doit s’équilibrer afin d’avoir un cercle vertueux. Suivant les environnements (régions, pays…), les techniques sont différentes et se développent par l’observation
  • Les techniques et stratégies utilisées sont à renouveler chaque année, car la nature est en mouvement, tout comme l’agriculteur doit l’être

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Les défis d’une autre agriculture : agriculture biologique et permaculture

Les défis d’une autre agriculture : agriculture biologique et permaculture

L’avantage d’être de retour en Europe, c’est de pouvoir regarder les documentaires sur Arte !

Si vous vous intéressez à l’agriculture, vous savez que nous atteignons les limites de notre système actuel. Il n’est plus tenable.

Arte consacre un documentaire à ce sujet que je vous conseille fortement. Il dépeint le portrait d’un agriculteur « conventionnel » vers le bio, d’un agriculteur expérimentant une réduction des méthodes chimiques et l’impact sur ses terres, et du couple ayant popularisé la permaculture en France : Perrine et Charles Hervé-Gruyer.

Le sujet de l’agriculture me touche particulièrement. Tout d’abord, par mon histoire, ayant grandi au milieu des champs, de son impact sur la santé (que ce soit pour l’agriculteur ou pour le consommateur), et de l’urgence sanitaire qui approche. La perception actuelle de l’agriculture est dramatique : le paysan est mal considéré, les liens entre producteurs et consommateurs sont distendus, voire inexistants, la valeur marchande est constamment tirée vers le bas.

Dernièrement, j’ai lu divers recueils dont, Permaculture, de ces mêmes Perrine et Charles Hervé-Gruyer. C’est un livre que je conseille à tous et qui a fortement changé ma conception de l’agriculture. Je retrouve dans ce reportage ce qui fait la force de ce livre et la puissance du concept de la permaculture. L’agriculture biologique monoculture ne permet pas d’atteindre un coût de productivité optimal pour faire vivre l’agriculteur tout en respectant les sols et la nature. A l’inverse, le concept de la permaculture apporte un sens pragmatique et empirique fondé sur l’observation de la nature. C’est en quelque sorte une science de l’observation.

L’agriculteur en transition vers le bio fait peine à voir quand on compare à la richesse du jardin du Bec-Hellouin. On ne lui donne que peu de chance de réussite s’il continue sur cette voie. Certes, l’idée de faire du bio est bonne, mais l’exécution doit être repensée.

Le concept de la permaculture est porteur d’espoir mais sa principale faiblesse à mon sens est le niveau de connaissance à acquérir. Les plants doivent être choisis selon leurs voisins et une multitude d’autres facteurs. Rien d’insurmontable, mais plus compliqué qu’un champ de monoculture, n’est-ce pas ? Je crois fortement que la démocratisation de la permaculture viendra par une simplification des concepts de base et la création d’une sorte de « kit du débutant ». L’expérimentation, les formations, et la construction de communautés locales et en ligne, permettront, aux agriculteurs mais aussi aux particuliers, de comprendre et d’appliquer les principes de la permaculture sur leurs terres. Un fort potentiel à explorer pour tout entrepreneur !

Si vous voulez allez plus loin dans la compréhension de la permaculture, Arte propose un supplément de 15 minutes. À ne manquer sous aucun prétexte.